Arbre choral, arbre de vie

Gilles Blosseville

A travers l’installation Arbre choral, arbre de vie, Gilles Blosseville interroge le statut de l’oeuvre d’art. Aurait-elle une existence propre au-delà de l’intention de l’artiste et du regard attentif que le spectateur pose sur elle ? Qu’est-ce qui la sépare de notre attente, de notre perception et de notre interprétation ?

Gilles Blosseville rêve de créer une œuvre vivante, qui ne serait plus une reproduction du réel mais une manifestation de la vie elle-même, avec ses multiples prolongements inattendus, animée par la volonté d’exister et de se frayer son propre chemin vers plus de sens et de clarté.

Avec économie de moyens, l’artiste met en scène et en lumière un arbre mort, ruiné par la tempête Xynthia, qui devient le support d’une
projection, d’un rêve : l’arbre choral, l’arbre de vie, unique et pourtant
multiple.

Épave échouée devenue récif, l’arbre se transforme sous le regard singulier de l’artiste et se régénère dans un processus d’évolution constante.

Il est à la fois un chandelier à plusieurs branches arc-bouté entre la terre et l’air, une balise colorée éveillant notre vigilance, un feu de joie montant vers le ciel, une sentinelle contre l’oubli.

Chaque branche détermine sa propre trajectoire, porte et revendique son identité comme autant de voies singulières formant un ensemble : le c(h)oeur.

Cet arbre blanc aux extrémités colorées, tel un feu d’artifice figé, désigne l’éclairement de la conscience, la mise en lumière, la compréhension de la nature de l’être, de la présence… Présence de l’oeuvre, présence à soi-même, présence aux autres, à l’autre.

Il nous invite à nous pencher sur le sens des choses, sur les relations qui se nouent en permanence sous nos yeux, mais à notre insu, et qui nous échappent.

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