Medusa

Manuel Alves Pereira

Les œuvres de Manuel Alves Pereira sont souvent complexes et, dans le même temps, extrêmement simples d’accès. Aucun verbiage. Elles nous mènent à l’essentiel. La sensation éprouvée par le spectateur est immédiate : la ligne est claire.

Tout dans son œuvre concourt à faciliter la lisibilité. Une contrainte majeure pour l’artiste.

Mais à y regarder de plus près, ça n’est pas si simple finalement. Manuel Alves Pereira semble jouer avec les circonstances et, l’air de
rien, épouse avec application le contexte complexe, voire paradoxal, dans lequel ses installations voient le jour.

Son travail formel découle souvent d’un condensé d’images. Ce qui en résulte peut être interprété de multiples façons, histoire de toucher à l’universel.

Les caractéristiques récurrentes de l’œuvre de Manuel Alves Pereira sont la fluidité, la légèreté et la tension. Ses matériaux privilégiés sont le lycra, parfois le nylon, des éléments presque volatiles.

Une fois de plus, avec Medusa, il fait preuve de ses qualités habituelles : force, audace et inventivité.

Quoi de plus simple pour désigner le vent qu’une manche à air ? Quoi de plus souple qu’une girouette ? Limpide.

Mais cet objet, quasi élémentaire, se métamorphose, bascule du côté du rêve : multiple, il se fait banc de poissons coloré, chevelure ondoyante.

Et cette chevelure tentaculaire encadre un visage difforme, clownesque ou décharné.

Le cirque n’est pas loin, à moins qu’il ne s’agisse de la marque mortelle des pirates et des naufrageurs, ou bien celle de Méduse dont la tignasse terrifiante flotte au sommet du mât d’un radeau imaginaire : l’île nous mène ailleurs…

L’artiste se joue des allusions, il les tricote avec délectation, l’air de ne pas y toucher, ludiques ou tragiques, on ne sait plus très bien.

Simples, comme l’évidence… Et on finit par s’y perdre. Le vent est farceur !

 

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