Babel opus II

L’oeuvre chorale du collectif Noir de Mars, 405 drapeaux, près de 800 m de long…

Une œuvre chorale de près de huit cents mètres constitue la colonne vertébrale de Rendez-vous de Juillet.
Tous les artistes qui participent au festival se sont prêtés à un jeu très inhabituel pour des plasticiens…

Ils ont accepté de mettre en jeu leur propre identité artistique en participant à la réalisation de cette oeuvre d’art unique. Ce qui distingue cette installation, ça n’est pas tant sa dimension – près de huit cents mètres – mais plutôt la démarche qui a présidé à sa création.
Le collectif s’est inspiré de pratiques connues des arts vivants, la danse contemporaine, le jazz ou le chant choral : un groupe d’artistes travaillant ensemble à la réalisation d’une oeuvre. Chaque voix, chaque instrument, chaque intervenant se fait voir et entendre ; les solos se succèdent alors que l’ensemble se met au service de chacun.

Cette procédure, par la mise en valeur de l’identité collective, remet en cause de façon radicale les limites des pratiques individuelles, des territoires de création et des identités artistiques elles-même.
La création artistique contemporaine, comme la société moderne, est souvent complexe, multiple, contradictoire et individualiste. Noir de Mars, acteur du développement artistique, propose de dépasser les rites en vigueur en favorisant d’autres voies : coopération, métissage des écritures, mixité des pratiques et porosité des territoires.

Dans ce monde dangereux qui aujourd’hui cherche dans l’urgence des voies réalistes qui pourraient l’aider à transcender ses limites, Joël de Rosnay nous invite à « remplacer les rapports de force par des rapports de flux ».

 

Le ciel est ouvert, la tour de Babel est à reconstruire, mais cette fois, nous n’y perdrons pas notre latin…

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